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Tenman Tenjin : le "Dieu céleste emplissant le ciel" 天神御影
Yushima Tenman-gû, dit Yushima Tenjin, Tôkyô 湯島天神 東京都文京区湯島
Sanctuaire shintô
De droite à gauche : bushû Yushima (Yushima dans la province de Musashi) 武州湯島
Michizane se présent ici dans la pose classique des hommes divinisés, assis sur un tatami, en costume de cour et tenant le sceptre du fonctionnaire devant lui. 管原道真公
Dieu de l'orage, de la pluie, de l'agriculture, mais également des lettres et de l'éducation
Sans objet
Connu sous le simple nom de Tenjin, Sugawara no Michizane (845-903) est un personnage historique divinisé. Issu de la petite noblesse qui n'avait guère accès aux hautes fonctions de la cour, il finit cependant par occuper des postes si importants que les puissants Fujiwara sentaient leur emprise sur la famille impériale menacée et réussirent à le faire exiler loin de la capitale où il mourut dans l'abandon et la misère. La succession de catastrophes qui s'abattirent sur les Fujiwara et la cour pendant le siècle qui suivit sa disparition furent imputées à son esprit vindicatif mué en démon, de sorte que l'empereur finit par lui conférer en 1004 le statut de kami pour apaiser son âme. La qualité de dieu de la sphère céleste oblige, Michizane se transforma bientôt en esprit tutélaire de ses anciens adversaires. La croyance populaire conserva néanmoins de lui l'image de la fureur vengeresse personnifiée, d'autant plus que le rôle de dieu de l'orage, de la foudre, de la pluie et pour finir de l'agriculture qu'il vint à jouer au cours des siècles fut en ligne avec son titre de « Dieu emplissant le ciel ». Mais sa carrière ultérieure, sans doute la plus brillante de tous les personnages divinisés, s'épanouit dans un tout autre domaine. De son vivant Michizane s'était en effet distingué comme un fin lettré, versé dans les classiques chinois aussi bien que dans les compositions littéraires et les divers styles de poésie, tant et si bien qu'il fut bientôt vénéré comme le patron des lettres. Sa réputation d'être resté jusqu'au dernier moment fidèle à l'empereur dont il avait été proche, lui valut en outre le prestige d'un parangon de la loyauté envers le souverain, doublée du culte d'une divinité défendant les intérêts nationaux face aux civilisations étrangères, d'abord chinoise puis occidentale.
Tenjin connaît depuis l'époque d'Edo une immense gloire de dieu tutélaire du savoir, de l'érudition, de la poésie et surtout de l'éducation dans le domaine des lettres, et c'est en tant que tel qu'il reste un des dieux les plus vénérés du Japon. Au point qu'à ce jour aucun étudiant ne saurait se passer de son talisman pour la réussite aux examens. Nul miracle donc que le sanctuaire de Yushima, dans le quartier des écoles de Tôkyô, soit aussi sollicité par les jeunes s'en remettant au dieu et à son ofuda pour ce rite de passage crucial qu'est l'examen d'entrée à l'université.
Sakamoto Tarô 坂本太郎, 『菅原道真』 (Sugawara no Michizane), Tôkyô, Yoshikawa Kôbunkan, 1952 / Kyburz Josef "La vie céleste et terrestre de Sugawara no Michizane (jusqu'au seuil du Moyen Age)", in Pigeot J. et Rothermund H. respons., Le vase de béryl - Etudes sur le Japon et la Chine, Arles, Picquier, 1997 / Kyburz Josef, "Dans le miroir de l'histoire : les vicissitudes de Sugawara no Michizane du Moyen Age à nos jours", in Kyburz J., Macé F., Von Verschuer C. dir., Eloge des sources - Reflets du Japon ancien et moderne, Arles, Picquier, 2004
Papier
230 mm
300 mm
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