D-10-02

Marishi-ten (Mârîcî) 摩利支天像
Sengaku-ji, Tôkyô 泉岳寺 東京高輪
Ecole Sôtô Zen
Dans le cartouche, de droite à gauche : Ôishi Yoshio (Ôishi Kuranosuke) goshin Marishi-ten sonten zô (statue du grand dieu Marishi protégeant Ôishi Yoshio) / Tôkyô Takanawa Sengaku zenji (Temple zen Sengaku du quartier de Takanawa à Tôkyô) 大石良雄護身摩利支天尊天像 東京高輪泉岳禅寺        
Mârîcî, dont le nom peut signifier « rayon de lumière » ou encore « mirage », est une divinité lumineuse créée par le bouddhisme ésotérique, incarnation des rayons qui précèdent le soleil. Des représentations d'une déesse solaire tricéphale et possédant six bras, montée sur sept sangliers, sont attestées en Inde depuis le Xe siècle au plus tard. Cette image s'inspire sans doute de celle de Sûrya, le dieu du soleil, habituellement représenté sur un char tiré par sept chevaux. C'est bien le dérivé japonais de cette iconographie que présente cet ofuda dans lequel Marishi se tient assis sur une feuille de lotus, elle- même posée sur le dos d'une truie (ou d'un sanglier). Si cette divinité était à l'origine une déesse, elle eut tôt fait d'être masculinisée dans le cadre de l'ésotérisme, peut-être, comme ce fut le cas pour la déesse solaire locale, Amaterasu, vénérée au Grand sanctuaire d'Ise, sous l'influence des conceptions chinoises selon lesquelles le soleil, élément yang par excellence, ne saurait être que masculin. La forme proposée ici, l'une des deux plus classiques, possède un visage durci à l'avant, coiffé d'un joyau et d'une plume de paon, et une figure féminine pour la face gauche. Celle de droite, est une tête de truie ou de laie, censée écarter les mauvais esprits. Marishi porte ici différentes armes : glaive, trident, arc, afin de repousser les ennemis de la Loi, ainsi qu'un éventail céleste, symbolisant le plus grand pouvoir prêté à Marishi, celui de la dissimulation. La main gauche médiane, enfin, tient une branche d'arbre asoka, « qui ne cause pas de peine ». La divinitié se tient sur un rocher plus ou moins couvert par les flots, allusion au nom du temple : « sen » signifiant « source », et « gaku » « chaîne de montagne ». 摩利支天(三面大臂)
Sans objet
Sans objet
L'allure guerrière de Marishi lui valut de faire l'objet d'un culte fervent de la part des guerriers du Moyen Âge, qui le prirent souvent pour divinité protectrice. Les mêmes guerriers étant fréquemment rattachés aux sectes Zen, les temples de ce courant intégrèrent Marishi dans leur culte. Le Sengaku-ji dont est issu cet ofuda est justement un des trois principaux établissements de cette secte dans la ville d'Edo. Il est célèbre pour abriter les tombes d'Asano Naganori (1667-1701) et de ses fidèles vassaux, passés à la postérité sous le nom de « 47 rônins ». Leur leader, Ôishi Kuranosuke, s'était placé sous la protection de Marishi, ce qui explique sa présence, en tant que « buddha secret », dans le temple.
Sans objet
Frank Bernard, "Le panthéon bouddhique au Japon - Collections d'Emile Guimet", Paris, Réunion des musées nationaux, 1991 p.230 / Satô Hirô, 『天照の変貌』 ("Les différentes formes d'Amaterasu"), Kyôto, Hôzôkan, 2000
Papier
132 mm
310 mm
© Ofuda - 2019 - Mentions Légales 認可
Theming Studio Web